étude : PROJET LOCAL, Impact GLOBAL

Avec l’étude “Projet local, impact global”, le cabinet BL Évolution et l’association Terres de luttes démontrent que le choix des pouvoirs publics de poursuivre des centaines de projets d’infrastructures à travers la France compromet gravement l’atteinte de la neutralité carbone et l’objectif de zéro artificialisation des sols.

projet local impact global visuel

Aéroports, fermes-usines, bassines, routes, centres commerciaux, … ce sont en effet des centaines de projets qui sont en préparation sur le territoire français, plus de 400 identifiés au moment où nous écrivons ces lignes. Ces projets font l’objet de contestations grandissantes comme nous l’avions montré dans un précédent rapport, “les Davids s’organisent contre Goliath” : les collectifs d’habitants dénonçant localement leurs impacts négatifs sur l’environnement, la destruction des terres et les pollutions engendrées.

Dans chacun de ces conflits locaux, les batailles de chiffres se multiplient, où promoteurs des projets et habitants produisent leurs propres expertises pour justifier ou invalider le projet.

Mais ces luttes à l’échelle locale sont aussi une remise en cause directe de politiques nationales. En effet, ces projets sont autorisés voir subventionnés par les pouvoirs publics comme c’est le cas sur les projets routiers, concernant les méga-bassines agricoles ou l’extension de certains aéroports.

En parallèle, la France a inscrit au sein de la loi la nécessité de respecter la stratégie nationale bas carbone (SNBC), et récemment l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols à l’horizon 2050… ce que nombre de collectifs dénoncent comme une contradiction.

Avec cette étude nous avons voulu répondre à cette question : l’Etat peut-il à la fois défendre ces objectifs écologiques et soutenir la construction de ces centaines de projets ? Est-ce compatible, et à quel prix ?

Pour y répondre, le cabinet BL évolution a analysé les émissions et l’artificialisation engendrées par 65 projets au sein de thématiques clés comme l’agriculture, l’industrie, les transports ou la logistique. Sur la base de ces projets d’autoroutes, d’entrepôts, d’extensions d’aéroport, de bassines agricoles, d’écoquartier, de centres commerciaux, il a pu analyser et généraliser les résultats pour arriver à une conclusion : leur multiplication n’est pas compatible avec l’atteinte des objectifs annoncés par la SNBC à l’horizon 2030 ou la trajectoire ZAN – en menant de front les politiques de transition.

temoignage charles adrien louis b&l evolution

Les conclusions de cette étude sont sans appel ; concernant les émissions de gaz à effet de serre, en cumulant ces projets avec ceux nécessaires à la transition énergétique et avec la trajectoire actuelle, l’empreinte carbone de la France entre 2021 et 2030 devrait être supérieure à 5 500 Mt CO2e, soit près de 500 Mt CO2e de plus que le budget maximum que se donne la France.

Concernant l’artificialisation, une fois la part de l’habitat collectif, des mobilités douces et des énergies renouvelables sanctuarisée, il est encore possible d’artificialiser 53 000 hectares sur le territoire pour entrer dans la trajectoire du ZAN. Mais en parallèle, sont planifiés des projets consommateurs d’espaces, par exemple 32 projets routiers pour près de 17 000 hectares consommés, la généralisation des bassines agricoles pour plus de 7 000 hectares, la construction des sites industriels clés en main pour 6 000 hectares, ou encore le projet de mine “Espérance” qui pourrait artificialiser à lui seul 15 000 ha etc. Cette poignée de projets représenterait déjà une consommation de 80 % du budget.

projet local impact global visuel

Avec cette étude pensée comme une contribution au débat public, la dualité du discours politique est mise à jour. Mais c’est aussi la question d’un choix de société qui est posée : que préférons-nous construire avec les budgets carbone et artificialisation qu’il nous reste ?
Des infrastructures de transition pour le vélo, le rail, la prévention des déchets, les énergies renouvelables ? Des logements sociaux, des hôpitaux, des crèches ?
Ou bien des projets poursuivant et accélérant la logique actuelle tels que des extensions d’aéroports, des centres commerciaux, des fermes-usines et des autoroutes ?

L’étude démontre qu’il ne sera pas possible de tout faire. C’est donc de facto ce dernier choix qui a été fait et sera sans doute à nouveau fait sous la présidence d’Emmanuel Macron, lorsque son gouvernement autorise ces projets polluants au détriment du reste.

Pour Terres de Luttes et pour les centaines de collectifs d’habitants qui se battent contre ces projets, le choix est vite fait. Rendez-vous à toutes et tous dans les 400 collectifs en lutte contre ces projets, pour les stopper et rendre ainsi concrète la nécessaire bifurcation écologique.

témoignage chloe gerbier terres de luttes

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